E-bulletin « Perspectives » du Bureau de l'ombudsman de l'approvisionnement – Édition spéciale Canada 150 – Chapitre 2

Perspectives Bureau de l'ombudsman de l'approvisionnement - Édition Canada 150

Été 2017 No. 2 (juillet)

150 ans d'approvisionnement : Le Canada en guerre

Lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale, la demande pour un système d’approvisionnement plus opportun et transparent au Canada s’est faite plus pressante. En réponse à un manque de centralisation et de surveillance du processus d’approvisionnement, le gouvernement du Canada a créé la Commission impériale des munitions et la Commission des achats de guerre en 1915. La première a coordonné les contrats britanniques avec les entreprises canadiennes et elle a établi un réseau d’usines afin de fabriquer des produits pour l’effort de guerre. La deuxième a permis d’assurer une plus grande surveillance des processus d’approvisionnement en supervisant tous les achats effectués par le Canada pendant la guerre.

Même si d’importants progrès ont été accomplis, plusieurs défis dans le domaine de l’approvisionnement militaire canadien ont démontré que le pays avait encore beaucoup de chemin à parcourir. Une première tentative en matière d’approvisionnement militaire à cette époque était le fusil Ross. Le pays tentait et a fini par réussir à fabriquer et à acheter ses propres armes. Toutefois, le fusil Ross n’a pas été bien accueilli par les militaires canadiens, puisqu’il avait tendance à s’enrayer, ce qui le rendait inadéquat pour une utilisation dans les tranchées. Une autre tentative faite en 1936 pour produire la mitrailleuse Bren a soulevé des enjeux quant à l’attribution du contrat.

Le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale en 1939 a donné lieu à la création de la Commission des approvisionnements de guerre – devenue le ministère des Munitions et des Approvisionnements – qui visait à centraliser l’approvisionnement en matière de défense sous une même bannière. Sous le gouvernement de William Lyon Mackenzie King, le ministre Clarence Decatur (C.D.) Howe a été choisi pour superviser le ministère. Howe, qui a fait fortune dans la production de silos à grains dans les Prairies, était chargé de mobiliser les industries pour l’effort de guerre. Afin d’y parvenir, Howe a rallié les entreprises canadiennes à la cause, lesquelles ont produit un demi-million de véhicules, plus de 600 navires et des millions de pièces d’équipement militaire – tous de haute qualité, tous produits au Canada et tous achetés par le gouvernement fédéral. Cette demande accrue pour des travailleurs au sein du pays a également permis l’entrée des femmes sur le marché du travail, plusieurs d’entre elles ayant décroché des emplois dans des usines de munitions pour la guerre. Pendant toute la durée de la guerre, le nombre de femmes occupant des emplois permanents dans ces industries a doublé, passant de 600 000 à 1,2 million de travailleuses.

À la fin de la Deuxième Guerre mondiale en 1945, le gouvernement a concentré ses efforts sur la reconstruction. Howe a continué de superviser le nouveau ministère de la Reconstruction et des Approvisionnements, cette fois-ci sous le gouvernement de Louis St Laurent. L’approvisionnement en temps de guerre peut être caractérisé par la centralisation et la spécialisation des tâches; l’approvisionnement en temps de paix évolue dans un contexte différent, alors qu’on améliore le système au moyen de lois et de nouvelles technologies.

Prochain chapitre : Les marchés publics en temps de paix

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